« On est fait pour s’entendre »

Fin août, la programmatrice de l’émission de radio « on est fait pour s’entendre » sur RTL me contactait via le blog pour que je vienne témoigner dans l’émission.

J’avoue, je n’écoute jamais la radio donc je ne connaissais pas l’émission mais j’ai eu envie de participer pour partager mon expérience de « reconversion professionnelle » comme je le fais souvent sur le blog et surtout vivre une nouvelle expérience rigolote à la radio!

L’émission intitulée « reprendre ses études, une bonne idée? » a eu lieu aujourd’hui. J’ai passé un moment très convivial avec l’équipe de l’émission et les deux experts invités.

C’était vraiment une belle expérience même si je pense qu’il aurait fallu bien plus de temps pour creuser davantage le sujet 😉

L’émission est à voir et à écouter sur le site d’RTL (ici).

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Mes trois premiers mois à la PMI

Chaque semaine depuis presque trois mois je me dis que je vais parler ici de mes premiers moments à la PMI, les difficultés rencontrées, les belles rencontres et les grandes découvertes!
J’ai donc pris mes fonctions début Janvier, trois mois déjà, presque un quart d’année! Je n’ai pas vu ces trois mois passer, les voici résumés par un « j’aime/ j’aime moins »!

Ce que j’aime le moins dans mon poste:
– voir mon salaire à la fin du mois (pas évident de perdre plus de 50% de mon ancien salaire, celui que je percevais en travaillant dans la communication , mais je commence à m’y faire!)
– les moments ou je ne peux pas prendre autant de temps que je le souhaiterais avec une famille parce que les familles sont, par moment, trop nombreuses, trop pressées…
– les familles agressives, heureusement il y en a peu, celles qui attendent juste un « service » à la PMI et avec lesquelles il est si difficile d’établir une relation de confiance.
– le manque de respect d’un des médecins avec lequel nous travaillons (pour l’instant…). Ce médecin a du mal à comprendre la notion même du travail d’équipe en PMI, la richesse d’avoir une équipe pluri-disciplinaire. Il ne respecte ni le travail des auxiliaires, ni celui de la puéricultrice (parce qu’après tout, nous « n’avons pas fait 7 ou 8 ans d’études comme les médecins » …)
– ressentir la tristesse et les difficultés de certaines familles et se sentir parfois impuissante face à leurs situations.

Voilà pour les aspects délicats de mon nouveau poste. Je prends le temps de les écrire aujourd’hui car étant de nature positive j’ai souvent tendance à gommer les difficultés pour ne garder que le positif. C’est ainsi que j’avance dans la vie! Ici je préfère être exhaustive pour être plus précise!

J’aime passionnément:
– me lever chaque matin en sentant le plaisir d’aller travailler,
– mes horaires qui me permettent d’aller chercher mes filles tôt le soir,
– l’immense complicité qui s’est tout de suite installée entre moi et ma collègue auxiliaire. À la fin de ma première semaine elle m’a avoué un peu gênée qu’elle avait l’impression que « nous nous étions toujours connues ». Je ressens la même chose! Il faut dire que nous avons de nombreux points communs et une vision très proche de notre métier.
– la belle confiance qui se tisse entre notre puéricultrice (responsable du centre) et nous, elle est présente pour nous épauler et nous donne toute sa confiance dans les échanges avec les familles,
– travailler en équipe, réfléchir tous ensemble sur les orientations que nous avons envie de donner à notre PMI,
– la mise en place d’un atelier « parents / nouveaux-nés », que j’ai initié car il me tenait vraiment à cœur de répondre aux besoins des familles de tout-petits. Elles qui sont parfois si perdues au moment où elles découvrent leur parentalité.
– me sentir utile, être à l’écoute, prendre le temps avec chaque famille, vivre des moments entre parenthèses, en écoutant les mamans me parler de la naissance de leur enfant, des premiers instants de vie du bébé, de leurs questionnements…
– la reconnaissance des familles, les remerciements, les idées qu’elles glissent parfois et qui nous font avancer,
– sentir que j’ai encore mille choses à apprendre pour pouvoir mieux soutenir les familles: alimentation, coutumes culturelles, sommeil de l’enfant, allaitement…c’est une belle remise en question permanente de mon métier.

Chaque journée est un nouveau challenge, une nouvelle aventure, je savoure chaque moment vécu à la PMI et je m’investis à 200%!

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Des jolies fleurs de printemps qui n’ont pas grand chose à voir avec ce billet mais qui me donnent la pêche!

Reine d’un jour

Le hasard a parfois beaucoup d’humour. Nous fêtions l’épiphanie en famille aujourd’hui et je dois avouer que croquer dans une fève « vive les vacances » alors que celles ci se terminent le jour même c’est plutôt cocasse…oui, demain c’est ma rentrée!
Ce soir j’ai préparé mes affaires, vérifié ma trousse et ouvert un nouveau petit carnet de notes pour l’occasion (offert par Madame Crème 💕) . J’ai relu quelques cours de mon année de formation: vaccinations, développement psychomoteur, diversification alimentaire…
C’est la rentrée et je ne sais pas trop à quoi m’attendre, j’ai l’impression d’avoir une grande feuille blanche devant moi où tout est à écrire. Un mélange de trouille et d’attentes positives!
A l’instant, je relisais ces mots écrits juste avant mon entrée à l’IFAP, il y a un an jour pour jour. J’ai les mêmes questionnements face à l’inconnu mais je me rends compte que j’aime profondément ces moments où je ne sais pas trop où je vais, quelles rencontres je vais faire ou encore quelle place je vais trouver…

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Ma nuit de réflexion

Ce soir je ne dors pas, il est 2h du matin, je pense à toutes ces choses que j’aimerais faire mais que je n’ai jamais le courage de faire:
Vider l’intégralité de mon placard et faire le tri par le vide, refaire les joints de la baignoire de la salle de bain (mais je me demande franchement comment se douche-t-on les jours suivants?!?! ), faire nettoyer les housses du grand canapé du salon qui ont subi presque 5 ans de notre vie de famille, à base de traces de pâtes à modeler, et de coups de feutres de toutes les couleurs!
Je pense aussi aux différentes personnes à qui j’ai envie de parler mais que je n’ai pas appelées depuis trop longtemps,
Je pense à Noël qui approche et au dernier cadeau que je n’ai pas encore trouvé pour mettre sous le sapin,
Je repense à la petite crèche improvisée que nous avons installée avec les filles et je souris,
Je me demande si le menu du réveillon plaira aux invités, si les filles aimeront leurs cadeaux…
Je pense tellement que je ne dors pas; Alors je me lève pour ranger le salon, plier le linge, vider le lave-vaisselle et le remplir à nouveau…Je ne pensais pas être capable de faire autant de chose à deux heures du matin!
À trois heures, j’ai les yeux rouges et les paupières lourdes, je me recouche… Cette nuit je cogite et au fond de moi je sais pourquoi, je suis excitée, et j’ai surtout vachement la trouille: Demain, je rencontre l’équipe avec laquelle je vais travailler prochainement. Ce sera mon premier poste, pile celui que je voulais: un poste d’auxiliaire de puériculture au sein d’un centre de protection infantile. J’ai les chocottes mais je suis heureuse:
C’est le début de ma nouvelle vie!

NB: c’était ma nuit de dimanche à lundi; La rencontre, lundi matin, a été riche et très positive, je prends mes fonctions le lundi 5 janvier 2015!
Youpi!

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Notre crèche de Noël

Lettre aux futur(e)s élèves auxiliaires de puér’

Dans le cadre de notre dernière journée à l’institut de formation d’auxiliaires de puériculture (IFAP), nos formatrices nous ont proposé d’écrire une lettre à la future promotion d’auxiliaires de puériculture de l’école. J’ai aimé ce travail collégial ou chacune à pu partager ses conseils. J’ai remis en forme nos idées sous forme de lettre pour que nous puissions la lire aux élèves lors de la pré-rentrée! Je la partage ici pour les lectrices du blog qui ont pour projet d’entrer en IFAP prochainement…

Bienvenue à toutes,
Vous avez réussi votre concours et faîtes aujourd’hui votre entrée à l’IFAP. Bravo à vous toutes d’être là ! Vous allez démarrer une année dense, parfois difficile.
Certaines d’entres vous sortent tout juste de l’école, d’autres ont déjà travaillé, dans le milieu de la petite enfance ou dans un tout autre domaine. Sachez que quelque soit votre expérience passée, vous allez beaucoup apprendre durant cette année.
Si vous n’avez pas d’expérience auprès des enfants, ne vous inquiêtez pas vous êtes « au même niveau » que celles qui ont déjà de l’expérience. En effet, les plus experimentées vont être surprises de tout ce qu’elles vont apprendre durant l’année. Vous allez pouvoir corriger certaines habitudes prises sur le terrain, ou encore comprendre pourquoi vous faisiez telle ou telle chose.
De manière générale, ne vous reposez pas sur vos acquis, soyez ouvertes pour apprendre le plus possible des professionnels et des collègues de promotion.
Quelques recommandations au sujet des cours théoriques :
– Durant les cours, soyez attentives, ce sera du temps gagné sur vos futures révisions.
– Trouvez votre méthode de prise de note pour gagner en efficacité.
– Relisez vos cours chaque soir (profitez du temps de transport pour le faire par exemple)
– Préparez des fiches de révision si cela vous semble utile.
– Au dela des cours, n’hésitez pas à effectuer des recherches personnelles pour compléter vos connaissances. Certaines élèves conseillent « Le guide de l’auxiliaire de puériculture – modules 1 à 8 », de Jacqueline Gassier aux éditions Masson.
La formation comporte une importante partie de cours théoriques, qui seront ensuite mis en pratique lors de vos stages. Il faudra vous accrocher pendant ces phases de cours qui semblent parfois vraiment intenses.
Quelques recommandations au sujet des stages pratiques :
– Vos lieux de stages sont définis par les formatrices (c’est le cas dans notre IFAP mais pas forcément dans toutes les écoles). Ils peuvent parfois être très éloignés de votre lieu d’habitation (plus d’une heure). Il vous faudra donc prévoir une organisation budgétaire (coûts de transport) et également familiale (les horaires de stages sont connus au moment du début du stage seulement).
– Durant vos stages, prévoyez des plages de révisions de vos modules théoriques, ne vous relâchez pas !
– Si vous avez un projet professionnel spécifique, par exemple travailler en pouponnière ou en PMI. Sachez que les formatrices ne pourront pas forcément trouver de stage pour vous dans ces lieux (c’est vrai dans presque toutes les écoles!). N’hésitez donc pas dès Le début de la formation à faire individuellement des demandes de stages pour votre stage optionnel.
– En terme d’attitude, lors de vos stages : Préparez vous psychologiquement à « la place du stagiaire ». Même si vous avez de l’expérience ou bien que vous êtes plus âgées, vous allez être des élèves. Vous devrez être les acteurs de vos stages, ne pas croire que vous serez toujours « attendus » sur vos lieux de stage. Certaines structures ou professionnels sur le terrain ne seront pas très accueillants, essayez malgré cela de trouver votre « juste place ». N’hésitez pas à poser des questions, à faire preuve d’initiative, à
accepter la critique et à vous remettre en question !
– Si vous rencontrez des difficultés lors de vos stages, que vous êtes mal à l’aise. N’hésitez pas à appeler les formatrices à l’école pour leur signaler, et à en parler également avec vos collègues de promotion.
– Même si vous n’êtes pas évalués par vos formatrices à chaque stage. Nous vous conseillons de réaliser des « démarches de soin » lors de tous vos stages. Cela vous permettra de vous exercer, de vous corriger et ainsi d’être plus à l’aise lors des visites des formatrices pour vos mises en situation professionnelle notées (vous en aurez une en structure d’accueil et une en milieu hospitalier).
– Durant les stages, prenez vraiment le temps de faire un bilan de mi-stage avec votre encadrement. Certains lieux de stage ne le proposent pas spontanément donc n’hésitez pas à prendre l’initiative de le demander. Cela vous permettra de réajuster vos objectifs et de corriger vos pratiques si cela est nécessaire.

Pour conclure, lors de cette année: Faîtes preuve de curiosité, soyez les actrices de votre formation, pensez à votre objectif: Obtenir votre diplôme d’auxiliaire de puériculture !

Bonne route à toutes,

Les diplomées de l’IFAP promo 2014

Une drôle d’année

Ça y est, j’y suis, 11 mois, 339 jours se sont écoulés depuis mon entrée en institut de formation d’auxiliaire de puériculture.
Il y a un an, presque jour pour jour, j’assistais à ma pré-rentrée et me voilà aujourd’hui (presque*) diplômée!
Un drôle de mélange de sentiments en cette fin de formation:
– La fierté d’avoir été au bout de mon désir de changement de vie professionnelle;
– La sensation d’avoir pris la bonne route;
– La peur aussi (mêlée d’excitation) en pensant à ce que je vais vivre maintenant en tant que « professionnelle »;
– Le souvenir ému des belles rencontres réalisées cette année à l’école et durant mes stages;
Et puis enfin, l’envie, déjà, de vivre de nouvelles choses, de mettre en place de nouveaux projets et toutes ces nouvelles idées qui me trottent dans la tête …
En attendant ces nouveautés, je vais dépasser mon petit « school blues » que je sens poindre à l’issue de cette année si riche en émotions, me reposer, hiberner un peu, prendre soin de moi et de ceux que j’aime!

* notre diplôme officiel ne nous sera remis qu’en Février 2015!

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Jolie journée d’hiver à la Tour Eiffel avec Ma Grande

Mon incroyable journée à la maternité

Aujourd’hui j’ai vécu un truc incroyable, un truc de dingue, un truc que l’on vit, je crois, peu de fois dans une vie. Cela me semble si incroyable que j’ai du mal à y croire, je flotte sur mon petit nuage depuis ce moment, bercée par l’émotion, les émotions, ressenties.

Depuis deux semaines, je suis en stage dans une maternité. Après une première semaine en suite de couches, qui m’a rappelée mon premier stage en maternité, me voici en salle de naissance depuis lundi.
Ce matin, c’est le rush, une césarienne programmée pour raisons médicales, des patientes attendant un déclenchement, d’autres en visites de contrôle pour dépassement de terme.
À 9h, presque en même temps que moi arrive une maman à terme avec de fortes contractions. Je feuillette son dossier pendant qu’une sage-femme l’installe dans une salle. Son projet de naissance précise qu’elle souhaite accoucher physiologiquement, c’est à dire sans péridurale, idéalement en réalisant le travail dans l’eau, dans la baignoire présente dans une des salles de travail.
Je referme le dossier et vais me présenter, lui demandant si elle serait d’accord pour que j’assiste à la naissance de son bébé. Entre deux contractions, elle me sourit et me dit « qu’il n’y a pas de souci bien sur »…
Je sors de la chambre, plusieurs minutes passent pendant lesquelles j’accueille d’autres mamans. Vers 10h, la sage-femme me demande de venir pour que nous discutions. Elle pense que cette maman a besoin de soutien, d’un accompagnement pour toute la durée de son accouchement à partir de maintenant. Elle me demande si je me « sens » de l’accompagner. Je n’hésite pas une seule seconde. Nous entrons toutes les deux dans la chambre.
En nous voyant, la maman se met a pleurer, elle n’en peut plus, elle a trop mal, elle pense à la péridurale. La sage-femme lui explique que si elle le souhaite je peux rester pour l’accompagner jusqu’à la naissance de son bébé. Notre présence l’apaise immédiatement, elle se sent alors le courage de continuer. Je ne sais pas exactement quelle heure il est au moment où j’entre dans cette salle de naissance; Le temps ensuite se ralentit, ou s’accélère, je n’en suis plus certaine.
Je m’assois près d’elle, sur un gros ballon d’accouchement et je lui parle tout doucement, je compare les contractions à des vagues, dont il faut accepter la puissance pour mieux les accompagner. Je me rappelle la naissance de Ma Petite et la lecture du magnifique livre d’Isabelle Brabant « une naissance heureuse ». A chaque contraction, je respire avec elle, je guide son souffle pour qu’elle le canalise, qu’elle émette des sons graves comme je l’avais appris en chant prénatal. Je lui parle de son bébé, du travail qu’il fait lui aussi pour se frayer un chemin. J’essaie de parler le moins possible, de choisir les bons mots, de les dire au bon moment. A chaque contraction, elle prend appui dans mes mains en me serrant fort comme pour puiser l’énergie qu’il ne lui reste plus… Je l’encourage, je suis là à chaque seconde pour elle, je pense à elle, à son bébé.
La sage-femme vient contrôler régulièrement l’avancée du travail. Les choses progressent vraiment bien, elle propose à la maman d’entrer dans la baignoire chaude pour la suite du travail. Je ne sais plus quelle heure il est, nous sommes dans une bulle, le papa nous a rejoint, il caresse doucement le visage de sa femme entre chaque contraction.
Dans le bain les contractions s’intensifient, je suis là, accoudée à la baignoire, les mains dans l’eau pour mieux tenir celles de la maman. Autour de nous, plus rien n’a d’importance, nous ne sommes que tous les 4, la maman, le papa, leur bébé et moi.
Lorsque la maman perd les eaux, je sais que la naissance est proche. J’appelle la sage-femme de nouveau ; elle se joint à nous autour de la baignoire. Les contractions s’intensifient encore davantage, la naissance est imminente, les poussées de la maman sont très efficaces, dans une dernière poussée, un dernier souffle profond de la maman et le bébé nait dans l’eau; La sage-femme le pause sur le ventre de la maman.
Mon regard se lève vers le papa qui pleure, la maman, elle, sert fort son bébé dans ses bras. Je ne retiens pas une larme. C’est un moment magique, je revois maintenant, le regard des parents qui se croisent, l’émotion, le bonheur, le temps suspendu juste pour eux trois.
J’atterris de longues minutes plus tard, en regardant enfin l’horloge de la salle de naissance, pour découvrir que nous venons de passer presque 4 heures ensemble.
Encore un peu plus tard, après que la maman soit sortie de l’eau, que son bébé ai fait sa première tétée, je repasse une tête dans la salle pour savoir si tout va bien. Les parents sont encore un peu incrédules de ce qu’il vient de leur arriver. Je crois que je me souviendrai très longtemps de leurs remerciements, du plaisir de m’être sentie si utile. « Je n’y serais pas arrivée sans toi ». Ce sont les mots que m’a adressée la maman, ils résonnent encore dans ma tête… Alors oui, aujourd’hui j’ai vécu un truc incroyable, un truc de dingue, un truc que l’on vit peu de fois dans une vie: J’ai aidé une maman à mettre au monde naturellement son bébé.