« Le chœur des femmes »

Je lis peu, les livres s’entassent en une jolie pile sur (et sous!) ma table de nuit. Beaucoup de livres sur la grossesse, l’accompagnement, sur la maternité…J’en commence un, je n’accroche pas, je le délaisse et le retrouve plusieurs semaines plus tard. Souvent je le termine, parfois je ne me souviens plus du début quand je tourne la dernière page du livre. Il y a tous ces livres et puis il y a eu ce livre, « le chœur des femmes » de Martin Winckler, démarré un dimanche soir et dévoré en une semaine. Je l’ai lu dans mon lit, dans le métro, sur mon canapé, à table, au boulot entre deux accompagnements à la Pmi et même en marchant dans la rue…En fait depuis sa première page il ne m’a plus quittée. J’ai vécu au rythme de Jean, le personnage principal, j’étais à l’hôpital avec ses patientes, j’étais un peu chacune d’elles finalement. 

Après une semaine de lecture, j’ai tourné la dernière page, la page 671, avec un pincement au cœur à l’idée que je ne reverrai plus Jean. 

Je me suis sentie plus femme après cette lecture, j’ai pensé que j’irai à mon prochain rendez vous chez ma gyneco dans un autre état d’esprit, j’ai pensé à mon corps, à ma contraception, à ma sexualité, aux médecins- gynecos-sage-femme rencontrés depuis mon adolescence, j’ai pensé que j’avais envie d’éduquer mes filles pour qu’elles découvrent leur corps, qu’elles n’aient pas honte de se poser des questions, quelles connaissent leur intimité! Quelles osent aller la découvrir! 

J’ai eu plaisir à découvrir ensuite le site de Martin Winckler, l’auteur du livre qui est aussi médecin généraliste depuis 1982 (année de ma naissance!), formateur (et d’autres choses, biographie ici) qui réalise régulièrement des vidéos à la fois pédagogiques et claires sur la contraception et autres sujets dont on parle si peu. 

Je vous invite vraiment à découvrir ce livre, ce roman est une fiction bien sur, donc il y a des histoires de vie, des histoires d’amour aussi, mais il est à la fois bien réaliste et nous entraîne avec plaisir dans « le chœur des femmes ».

Le samedi 18 mars 2017, l’association « bien naître au XXIe siècle » organise un débat sur le thème « Levons les tabous sur les violences gynécologiques et obstétricales ». Martin Winckler y sera présent avec d’autres intervenantes, Mélanie Dechalotte, Basma Boubakri et Véronica Graham et je suis heureuse de pouvoir y assister! 

(Plus d’infos sur le débat sur l’image ci-dessous)

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« Entre leurs mains »

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J’avais envie de voir le film « Entre leurs mains », qui aborde le choix de donner la vie à domicile, depuis de longs mois; J’ai été très heureuse d’apprendre enfin sa sortie en DVD cette semaine.
Commandé dimanche, reçu par la poste mercredi, je l’ai visionné le soir même, une fois les filles couchées. Enfin je pensais que les filles étaient couchées mais au bout de quelques minutes de visionnage j’ai entendu une petite voix me dire « maman je peux regarder le film des bébés avec toi ». Ma Grande est donc restée et a regardé le film avec moi. J’étais attentive à ses réactions, lui demandant régulièrement  si elle comprenait, si cela l’impressionnait ou non. Elle a fini par me dire « c’est beau maman, ça m’émeut ». Ces quelques mots dans sa bouche de petite fille de presque 6 ans m’ont beaucoup touchée. Elle a su percevoir l’émotion, la sensibilité des échanges et la beauté des naissances.
Tout au long du film je me suis dit que j’aurais sincèrement aimé voir ce film avant mes grossesses. J’aimerais aujourd’hui que d’autres, qui sont (comme j’ai pu l’être) réfractaires au choix de donner naissance à domicile, puissent le voir. Ils pourraient alors comprendre le cheminement de ces couples qui donnent naissance à leur bébé chez eux.

J’ai longtemps pensé que l’accouchement à domicile était une folie. Même après la naissance de Ma Petite à la maison, j’avais des doutes, je me disais « j’ai eu de la chance, mais s’il arrive quelque chose à la maman, au bébé, alors que se passe-t-il ? »
Je me disais que l’hôpital était plus sûr, que la médicalisation pouvait sauver des vies.
Aujourd’hui, je pense toujours que la présence d’un médecin peut dans certains cas être nécessaire; Mais ce film et d’autres lectures m’invitent à penser que la médicalisation de la naissance (péridurale, ocytocine de synthèse…) peut impacter fortement son déroulement. Elle peut induire d’autres interventions médicales (épisiotomie, hémorragie de la délivrance …) qui n’aurait à la base pas eu lieu dans un cadre « naturel » (physiologique). Je crois qu’au delà d’un accompagnement médical, ce dont les familles ont besoin  c’est d’un accompagnement humain.
J’ai aimé entendre ces sages femmes parler de leur travail, observer leur accompagnement, sentir le lien qu’elles tissent avec les familles qu’elles accompagnent. J’ai pu comprendre aussi à quel moment elles décident d’aiguiller les parents vers l’hôpital car la naissance ne se passe pas comme prévu à la maison. Elles précisent bien que les naissances à domicile sont réservées aux grossesses « simples » (pas d’antécédents particuliers du côté de la mère ou de grossesses dîtes pathologiques). De plus, les signes que quelque chose ne se déroule pas normalement durant l’accouchement sont clairs et les sages femmes ne « jouent » pas avec la sécurité des mères et de leur bébé. J’ai aimé aussi entendre dire qu’il suffisait d’un mot de la mère pour qu’elle parte à la maternité (même sans nécessité médicale avérée).

Le respect du choix des parents importe tant dans ce moment où l’on donne la vie.  Je ressens au fond de moi, de par mon vécu de mère, des échanges avec mes amies, et avec les mères que j’accompagne à la PMI qu’hélas trop souvent les femmes ne sont pas entendues quand elles donnent naissance à leur bébé…
Merci à ces sages-femmes qui militent pour le droit à la possibilité de donner la vie chez soi, dans son environnement familier, naturel, sécurisant, tout simplement.

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DVD disponible à l’achat ici

Mon récit de naissance

Il y a quelques semaines, j’ai fait une jolie rencontre. J’ai croisé le chemin de Jodi. Jodi est plein de choses à la fois, anglaise, sage-femme, doula, rayonnante et surtout très à l’écoute. Durant nos échanges, j’ai eu l’occasion de parler avec elle de mes enfants et de leurs naissances. Jodi m’a proposé de raconter sur son blog, le récit de la naissance de Ma Petite et le chemin qui m’avait amenée à vivre sa naissance à la maison.

Par peur de me raconter de manière si intime, j’ai d’abord pensé que je ne partagerai pas notre histoire; Et puis, un jour où j’étais seule à la maison, j’ai eu le temps et surtout l’envie d’écrire mon récit de naissance. les mots me sont venus simplement, naturellement, comme si j’étais finalement prête à partager notre histoire.

Le récit de la naissance de mes enfants, c’est aussi un peu le récit de ma naissance. Ma naissance en tant que femme. Le passage à un autre moi, plus riche, plus complet, plus vivant, plus intense.

Ce qui m’a le plus touchée après la publication de ce texte, ce sont les retours des femmes autour de moi. De mes amies bien sûr, mais aussi les messages de femmes moins proches, qui ont été touchées par mon récit.

L’une d’entre elles m’a écrit: « Ton récit m’a vraiment ouvert les yeux sur mon vécu, je ne savais pas poser les mots comme tu l’as fait. En fait j’ai compris que je voulais être actrice comme tu le dis et non spectatrice de mon accouchement… »

une amie m’a dit avec douceur « Merci de partager ce cadeau intime avec nous. »

et une autre  « Merci de partager cela avec nous, et merci d’expliquer ce désir d’accoucher et non de se « faire accoucher ». »

Quelque soit le cadre choisi pour donner naissance à son enfant, à l’hôpital, dans une clinique, une maternité, de type 1, 2 ou 3,  une maison de naissance, ou encore à la maison avec une sage-femme. Je souhaite profondément que chaque femme puisse vivre la naissance qu’elle souhaite en étant respectée et actrice de ce moment si intense et si important dans l’accueil de son bébé.

Le récit de la naissance de Ma Petite peut être lu sur le blog de Jodi, « Doula Paris », dans la section « birth stories ».

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Une tétée de printemps (Avril 2013) 

Atelier de portage « Je Porte Mon Bébé »

Dans le cadre de mon travail en PMI, les jeunes parents me questionnent souvent au sujet du portage en écharpe. En général, soit ce sont eux qui ont investi, soit des amis leur ont prêtés l’écharpe (en donnant quelques explications peu claires) ou encore il s’agit d’un cadeau de naissance. Dans tous les cas,  ils ne savent pas trop décrypter la notice et se sentent perdus!

J’avoue que je me sens parfois un peu démunie lorsque je dois leur expliquer le nouage d’une écharpe même si en tant que Maman, le portage, ça me parle!

Pour Ma grande j’avais assisté à un atelier au Poussette Café et était repartie avec un Mei Tai de chez Kubeba; Pour ma Petite j’avais opté pour La Petite écharpe Sans Noeud (PESN) et j’en avais déjà parlé ici. Après quelques mois d’utilisation des écharpes, j’avais finalement opté pour le Manduca, qui ne nous quitte pas, car même si nous n’avons plus de poussette depuis presque 1 an, nous avons toujours notre Manduca avec lequel je porte régulièrement Ma Petite (sur le ventre et surtout sur le dos).

Mais de là à pouvoir guider les familles il y a un grand pas! J’avais donc envie depuis quelques temps de me former davantage à la pratique du portage. J’ai contacté « Je Porte Mon Bébé » il y a quelques semaines par e-mail. J’ai reçu une réponse très sympathique de la monitrice qui m’a proposé de participer à un atelier « début de vie ».

L’atelier s’est déroulé il y a quelques jours dans les locaux de la marque Je Porte Mon Bébé  à Montreuil. Une sorte de grand hangar joliment aménagé en atelier de travail d’un côté (où l’équipe semble bûcher très sérieusement) et un espace plus cosy où sont déjà installés, quand j’arrive, quelques mamans (et un Papa!). Nous sommes accueillis très chaleureusement par la monitrice, avec un thé ou un café et l’atelier commence par une présentation de chaque participant.

Des Mamans (très) enceintes, autour de 8 mois de grossesse, un papa accompagnant une future maman et trois jeunes mamans avec des bébés de quelques mois seulement. Certains participants sont déjà les heureux propriétaire d’une écharpe JPMBB et sont venus avec pour la « tester »; D’autres viennent sans et on nous propose donc de tester les écharpes JPMBB durant l’atelier.

Chaque participant lors de sa présentation explique ce qu’il vient chercher durant l’atelier, et partage ses doutes par rapport au portage et ses questions.

Ce moment d’échange dure une bonne heure et est bien utile car il permet de brasser beaucoup d’informations clés sur le portage:

– les bienfaits du portage,

– l’importance des règles de sécurité: voies aériennes dégagées et bassin du bébé basculé,

– la gestion de la température durant le portage (que doivent porter le porteur et le bébé pour ne pas avoir trop chaud ou trop froid),

– les différents types de portage existants et le fait qu’ils répondent différemment aux besoins du bébé et des parents.

La formatrice insiste aussi beaucoup sur l’importance du couple « porteur / porté ».  En effet, « chaque couple porteur / porté est unique, et le portage va dépendre de la physiologie du porteur et des besoins du bébé porté ».

J’ai appris une chose très intéressante lors de l’atelier au sujet de « l’écart des jambes » du bébé lors du portage. Je pensais qu’il fallait attendre 4 à 5 mois pour installer le bébé avec les hanches complètement ouvertes. Elle nous précise en fait que cela dépend complètement du bébé. En effet, il ne faut jamais « forcer l’écart des jambes », mais « asseoir le bébé sur l’avant-bras du porteur et observer l’ouverture naturelle des hanches ». Cela permet de savoir comment positionner bébé dans l’écharpe, soit jambes en écart soit jambes regroupées en position foetale.

Après tous ces riches échanges, place à la pratique (toutes les vidéos JPMBB sont ici); nous apprenons le « noeud de base » et testons plusieurs positionnements dans l’écharpe:

– ventral pour nourrisson « façon double hamac » (position utilisée quand le bébé n’ouvre pas encore beaucoup les hanches, « bébé assis sur l’avant bras du porteur, quand le  bassin est basculé, il est assis accroupi comme sur une branche d’arbre »).

– ventral classique (quand bébé ouvre son bassin naturellement et qu’il peut écarter les jambes davantage).

– ventral décentré,

– assis de profil,

– une position permettant d’allaiter bébé dans l’écharpe.

La formatrice prend le temps de bien expliquer les choses, et s’adapte aux besoins de chaque famille. Elle propose par exemple des positions spécifiques plus adaptées à un bébé qui a un fort reflux gastro-oesophagien; ou encore elle propose plusieurs positions à une maman dont le bébé ne semble pas à son aise dans les positions de base (elle finit d’ailleurs après plusieurs essais par trouver la position qui convient le mieux au bébé et dans laquelle il s’endort en quelques minutes!)

Cet atelier m’a conforté dans l’idée que le portage peut être un bel « outil » de soutien à la parentalité, il peut participer activement à l’établissement du lien parent-enfant.

J’ai passé vraiment un très bon moment chez Je Porte Mon Bébé et j’ai très envie de pouvoir mettre en pratique cela avec les familles de la PMI. Je n’hésiterai pas à les aiguiller vers un atelier de portage; Cela me semble indispensable pour bien « manier » l’outil écharpe!

NB:

Tous les tutoriaux de portage des écharpes JPMBB peuvent être retrouvés en vidéo sur le site internet de JPMBB ici

Enfin, pour aller plus loin, il existe plusieurs types d’ateliers permettant de se perfectionner dans d’autres portages comme le portage « dos et hanche » qui est assez spécifique (plus d’infos ici)

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notre allaitement

18 mois aujourd’hui
18 mois de vie
18 mois d’allaitement
18 mois lovées l’une contre l’autre
18 mois de jours (et de nuits!) rythmés par les tétées
18 mois avec des hauts
18 mois avec des bas
18 mois où j’ai entendu mille fois  « votre lait n’est plus assez nourrissant », ou encore  « vous n’avez sans doute pas assez de lait »
18 mois pendant lesquels je suis devenue militante

18 mois qui m’ont permis de changer mon regard sur l’allaitement

18 mois où j’ai découvert qu’on pouvait allaiter son bébé plus de 6 mois

18 mois pendant lesquels j’ai tenu bon dans les moments de doute
18 mois de confiance en moi
18 mois de confiance en toi Ma Petite
18 mois et aujourd’hui je me demande « jusqu’où » nous irons dans notre allaitement, si ce sera toi qui décidera d’un sevrage naturel quand tu seras prête ou bien si ce sera moi qui en aurais envie. J’y pense en me demandant si ce moment est proche ou encore lointain, en me questionnant sur cette nouvelle relation à mettre en place entre nous quand nous n’aurons plus ce lien. Tu sembles si indépendante le jour puis de nouveau chaque soir je sens ton besoin de maintenir notre lien lacté quand tu t’endors…

Je ne sais pas où nous allons, mais je savoure ces moments de bonheur avec toi avant de passer à autre chose… dans quelques jours, semaines ou mois.

Happy 18 mois Ma Petite

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Yoyo 6+ de Babyzen

Il y a des femmes qui le mercredi 8 janvier au matin attendait à 9h devant les grands magasins pour l’ouverture des Soldes, des qui ont une addiction aux fringues, d’autres aux sacs à main ou encore aux chaussures… Rien de tout ça chez moi, par contre j’ai une compulsion d’achat pour les poussettes!
Depuis la naissance des filles, nous en sommes à notre quatrième poussette. Comme je le disais ici notre amour pour la marque Bugaboo date d’avant ma première grossesse! Il y a donc eu notre Cameleon, puis la Bee venue rejoindre la famille à la naissance de Ma Petite. Cette année nous avons basculé du côté obscur en investissant dans une poussette canne de la marque MacLaren, modèle buggy BMW.
Mais ça c’était avant que je papote avec des mamans bloggeuses et que je découvre la Yoyo de Babyzen (merci à la rédactrice du blog « Les livres d’Oscar » de m’avoir parlé de cette chouette poussette!) … J’ai découvert que Babyzen sortait une nouvelle version de sa poussette et aussitôt mon cadeau de Noël était trouvé! Une fois le char (oserais-je dire déambulateur?) MacLaren revendu sur le Boncoin, je filais en boutique chercher ma nouvelle poussette!
Nous avons testé la Yoyo de Babyzen pendant notre week-end à la mer et je dois dire que autant moi que Lulu, nous l’avons tout de suite adoptée.
Les plus:
– Maniabilité identique à la Bugaboo Bee, elle tourne en étant guidée d’une main, semble hyper légère, vraiment très très agréable en terme de conduite!
– Une fois pliée elle est minuscule (environ 45x55x25), ce qui est génial pour nous qui devons stocker notre poussette dans l’appartement (pas de local poussette dispo).
– La poussette est assez fine donc se faufile même dans les endroits étroits comme certains portillons du métro (même si je préfère toujours circuler avec mon porte-bébé Manduca dans le métro!)
– Le siège s’incline presque en position horizontale complète ce qui est génial quand Ma Petite veut faire une petite sieste.
– Le panier situé sous la poussette est plus facilement accessible que dans la Bee et dans la McLaren (dans cette dernière il était carrément inutilisable!). Même s’il est très étroit, on arrive à y glisser pas mal de choses (enfin pas un gros sac de change mais il y a un moment que je voyage avec juste quelques couches pour le change!)
– Niveau « tenue de route » c’est clairement une citadine plus à l’aise sur les trottoirs qu’en forêt mais on l’a testée sur pavés et elle assurait plutôt bien malgré quelques petites difficultés.
– La cape de pluie est pratique, rangée dans un petit pochon facile à transporter, un peu moins facile à attacher que celle de la MacLaren (qui avait des encoches prévues exprès pour l’attacher à la poussette) mais pas très compliqué tout de même!
Les moins:
– En terme de finition je trouve qu’elle semble moins cossue, moins solide que les poussettes de la marque Bugaboo. C’est peut être lié aux matériaux qui me paraissent moins haut de gamme (mais bon c’est juste mon ressenti!)
– La « qualité » des matériaux me questionne d’autant plus qu’elle reste assez chère: 359€ pour la version Yoyo 6+, c’est à dire utilisable à partir de 6 mois!
– Sur cette poussette, on peut changer le hamac et elle devient alors une poussette utilisable des la naissance appelée Yoyo 0+. Pour le coup je l’ai vue et prise en main dans ce format et je trouve qu’elle fait vraiment poussette d’appoint, le nid d’ange me semble tout petit et je ne suis pas sûre que j’aurais investi dans cette poussette pour un bébé dès sa naissance, j’aurais plutôt opté pour la Bugaboo Bee (ou mieux la Cameleon dont j’adore le landau… Mais qui n’entre pas dans la catégorie des citadines…)!

Bilan, en version 6+ je la trouve vraiment idéale! Elle ne nous quitte plus, c’était la poussette dont nous rêvions!

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Le test des pavés! 

Comment parler du deuil périnatal?

Ici, j’ai le plus souvent envie de partager des moments de douceur et de bonheur, mais aujourd’hui, j’ai envie de parler de ce sujet important, le deuil périnatal, auquel j’ai été confronté (indirectement) pour la première fois cette semaine.

Il y a quelques jours, un couple de voisins m’a annoncé une très triste nouvelle, ils viennent de perdre leur bébé au cours du 9ème mois de grossesse. C’est le Papa qui me l’a appris alors que je prenais auprès de lui des nouvelles de la future maman et du bébé…
À cette annonce,  j’ai été sous le choc, et ma réaction a juste été de pleurer devant ce Papa qui me semblait à la fois si fort et si fragile, je sentais que la douleur était là mais qu’il n’avait pas d’autre choix que de tenir le coup pour sa femme et pour leur grande fille. J’ai pensé que je n’étais vraiment pas à la hauteur en me mettant à pleurer devant ce Papa…Et puis en fait non, alors que nous marchions tous les deux dans la rue, il s’est mis à me parler, à me confier leur incompréhension, pourquoi eux, leur chagrin des derniers jours et l’attente interminable jusqu’à la naissance de leur bébé mort dans quelques jours seulement…
J’ai été bouleversée, chavirée, retournée par notre échange; Perdre un enfant, quoi de plus terrible. J’y pense tous les jours depuis, plusieurs fois par jour même, en regardant vivre mes deux filles. Pour nous la vie continue alors que pour eux, la vie s’est arrêtée mardi dernier….
J’ai envie d’etre présente pour eux, sans être envahissante, mais comment puis-je les soutenir? quels mots utiliser? Quels gestes faire sans paraître trop maladroite ?
Une amie que j’ai appelée quelques minutes après cette rencontre, pour tout autre chose au départ, m’a fait comprendre qu’il valait mieux être maladroite que muette face à la mort d’un enfant. Elle m’a parlé longuement du deuil périnatal, des formations qui existent pour etre guidé dans l’accueil des sentiments des personnes confrontées à la mort de leur enfant. Cela a vraiment du sens je trouve, car dans notre société, dans laquelle nous ne parlons jamais de la mort, nous ne savons plus quoi dire, quoi faire quand nous y sommes confrontés, nous ne savons pas comment soutenir nos amis, notre entourage, nos connaissances face au deuil…Elle m’a précisé qu’il existe de nombreuses associations de soutien au deuil périnatal, des groupes de paroles, comme par exemple à Paris, Naître et Vivre, Apprivoiser l’absence, ou encore Agapa 

Cette discussion avec mon amie m’a rappelée le décès de ma grand-mère, qui a beaucoup compté dans ma vie, et l’incompréhension d’une partie de ma famille face au fait que je souhaitais que mes filles, même petites,  soient présentes lors de ses obsèques. Je crois que masquer le deuil, la douleur, aux enfants n’a pas de sens, eux qui sentent tellement aisément notre peine… La mort fait partie de la vie, peut être même qu’en parler plus librement, l’inclure dans nos vies, permet d’en avoir un peu moins peur?
Maintenant que ce couple m’a annoncé le décès de son bébé, je me demande quoi leur dire lorsque nous nous croiserons au détour d’une rue du quartier. Je sais que la mort fait partie de la vie mais dans nos sociétés ou nous évitons d’en parler comme si cela nous évitait d’y être confrontée, d’y faire face,  je voudrais leur dire que nous sommes là, pour boire un café, pour échanger, leur dire qu’on n’oublie pas, que leur bébé a existé même s’il n’est pas né vivant…Finalement il est plus simple de ne rien dire, par peur de blesser et c’est là que commence l’isolement dans le deuil, on omet de parler de ce bébé, leur bébé, comme si en n’en parlant pas, en faisant presque comme s’il n’avait pas existé, on atténuait leur peine. Mon amie m’a fait prendre conscience qu’il fallait laisser la place potentielle à la parole; Je n’hésiterai pas, en les croisant, à leur demander s’ils « tiennent le coup », à leur dire qu’en ce début de semaine j’allumerai une petite bougie en pensant à eux et à leur bébé…Peut être que ces paroles les aideront à exprimer leur peine, et peut-être pas d’ailleurs. Je voudrais juste qu’ils sachent qu’on pense à eux.
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