Sans elles

48 heures sans elles.

48 heures à nous.

Depuis que je suis mère je sens à quel point ma perception du temps a changé. Je cours, je vis à 100 à l’heure, le boulot, la fin de journée qui n’est jamais une fin mais plutôt le début d’une deuxième journée avec elles.

Dès moments où j’essaie d’être la pleinement pour elles même si parfois il y a des loupés car je suis trop fatiguée pour être vraiment disponible. Je suis là physiquement mais pas vraiment là dans ma tête. 

Heureusement, on est deux, on s’appuie l’un sur l’autre, on prend le relai quand l’un de nous n’en peut plus. 

On partage tout, mais on court souvent après le temps, ce temps rare, précieux, ce temps pour nous. 

Avant de les avoir, avant d’être mère, je ne me rendais pas compte de tout le temps libre que j’avais; La liberté de faire ce que je souhaitais, quand je le souhaitais. 

Aujourd’hui, j’ai le sentiment souvent de manquer de temps mais j’ai aussi pris conscience qu’avant elles je ne savais pas apprécier le temps à sa juste valeur. Aujourd’hui, grâce à elles, mon temps libre prend plus de sens. Je mesure à quel point il est précieux. J’ai envie d’en prendre soin, de mieux l’utiliser.

Ce weekend, nous avons savouré le fait d’être ensemble, tous les deux, de préparer un bon dîner, de penser à nos nouveaux projets, de nous offrir avec un peu d’avance un joli cadeau de Noël, de regarder un film, de faire une sieste, de voir nos amis proches, de faire du sport.

Parfois quand on est parents on s’oublie un peu, soit même, son couple. Ces moments à deux sont précieux et nous font vraiment du bien…


Merci aux Mamies et aux Papis qui nous offrent régulièrement ce temps…

4 ans de toi ma Petite

 Nous t’avons aimée dès la seconde où nous t’avons vue, toute potelée, comme un petit bouddha. 

Toute douce et si puissante à la fois. 

Ces premières années avec toi ont été riches, denses, parfois un peu trop.

Toi mon « bébé aux besoins intenses » comme on dit dans le jargon. 

Tu as challengé notre vie de parents, notre vie de famille. 

Par tes difficultés à t’endormir seule, 

à accepter de te détacher de moi, (ou alors c’est moi de toi…)

Tes crises de pleurs inconsolables et incontrôlables.

Tes angoisses d’ascenseurs qui se referment trop vite, de train que l’on risque de manquer, 

Tes craintes autour de la mort…

Je cherche des pistes pour mieux te comprendre. 
J’ai la sensation que tu es parfois un peu trop comme un prolongement de moi. 

Je nous sens unies toutes les deux par un lien très puissant, parfois difficile à distendre.

Peut être que tout cela a commencé quand tu étais dans mon ventre? À cause d’une grossesse un peu chaotique à vivre sous la menace d’une potentielle maladie? 

Peut être par ta drôle de naissance qui nous a tant surpris avec ton Papa Lulu? 

Peut être par notre allaitement plutôt exclusif qui a duré de long mois? 
je cherche donc des pistes, nous cherchons des pistes avec ton papa. Je suis la mère alors j’ai la sensation que ça vient forcément un peu de moi…

Je n’ai pas toutes les clés, j’ai la sensation de si bien te comprendre et à la fois d’être perdue quand je te sens en souffrance. 

Toi, notre little miss sunshine.

Cette année, poussée par notre entourage et la sensation très forte que tu as besoin d’aide pour mieux grandir, nous allons démarrer tous les trois avec ton papa un travail d’accompagnement thérapeutique. Parce que l’on voudrait que tu transformes toute ton énergie en quelque chose de positif, qui t’aide à te construire, sans angoisse, sans peur. 
Peut être qu’il faut que je te laisse grandir, peut être qu’il faut que j’accepte de te voir grandir. 

Toi, ma petite aux ongles rongés.

Mon petit oiseau à l’aile cassée depuis quelques jours.

J’ai toujours la sensation d’une grande fragilité chez toi et à la fois je sens en toi une force de vie immense.

Tu me ressembles tant que s’en est, pour moi, troublant.

Tu rayonnes, mon petit soleil. 

Tu ris aux éclats avec une grande spontanéité qui envahit tout l’espace. 

quand tu souris, tu chavires mon cœur, et tu embarques tout sur ton passage. Tout le monde est sous le charme de ton sourire plein d’amour. 

Tu es à la fois angoissée et espiègle, à la fois apeurée et pleine de vie.

J’aime te voir grandir, te découvrir bien à l’aise avec tes amies à l’école. Te voir trouver ta place dans un autre cocon que le notre. 

Te découvrir en train d’essayer avec malice une de mes paires de chaussures à talons, plus c’est haut, plus tu aimes…

Te sentir fière quand tu me dis « écoute maman je dis « KorniCHon » alors qu’il y’a quelques semaines encore tu mangeais des « TorniSSons »! 

T’entendre me dire avec ton petit sourire en coin « moi j’ai eu une fracture ouverte » (comme si tu me disais « Nananananreuh ») parce que tout de même c’est drôlement chouette d’être au centre de l’attention. 
Te voir faire le grand écart à tout moment de la journée tant tu sais que tu vas pouvoir ainsi épater la galerie! 
Ce matin, tu t’endors sur moi, recroquevillée, presque en boule, comme un petit chat. Je sens ta respiration, je cale la mienne sur la tienne. C’est doux. 
Je me dis que, comme durant ce moment suspendu, j’ai envie que tu sois sereine, que tu sois apaisée et heureuse de vivre ta vie. 
Joyeux anniversaire de 4 ans mon petit ange, mon Zébulon, mon soleil, ma surprise surprenante…
Tu es une magnifique petite fille. 
Ta maman qui t’aime. 

  

Le bras cassé

Ce blog est mon lieu, ou j’aime venir pour partager ce qui se passe dans ma vie, dans nos vies. Ces derniers temps, je n’ai pas ressenti l’envie de venir ici. Ma vie à été tellement remplie par notre mariage, enfin je devrais dire nos mariages: le mariage civil, le 25 juin, puis notre mariage entre amis autour de notre cérémonie d’engagement, le 2 juillet. 

Cette nuit je suis fatiguée mais je ne dors pas. Je pensais que le mariage laisserait place à un petit répit. Nous l’attendions avec impatience car nous avons investi beaucoup d’énergie dans les préparatifs pour que tout soit comme nous le souhaitions 💗
Mais pas de répit pour les parents: quelques jours après notre cérémonie d’engagement, Ma petite a fait une mauvaise chute sur les pavés de la cour de notre maison de vacances. Une chute toute bête mais qui lui a valu une belle fracture ouverte de l’avant bras, une fracture de monteggia. Détour par la case hôpital de campagne escortés par les pompiers. 

Heureusement pour nous, nous avions des invités au gîte qui ont pu rassurer Ma grande et la garder durant notre absence! (Merci Tata Craie et Mamie Choco 💗)

Nous avons appris à l’hôpital que Ma Petite avait une fracture mais qu’elle ne pouvait pas être opérée sur place. L’équipe nous a alors déconseillé d’attendre l’arrivée d’une ambulance et nous sommes donc partis seuls en voiture pour Paris avec Notre Petite et sa fracture, après qu’un gentil infirmier lui ai posé une attelle et une voie veineuse pour l’injection d’antibiotiques. 

Ma petite a été super courageuse, elle a très peu pleuré. 

Moi qui travaille au quotidien sur le soulagement de la douleur auprès de mes petits patients de la PMI, j’ai pu observer le travail des soignants. 

Nous avons été impressionnée par l’accueil de ma petite dans l’hôpital de campagne. Protoxyde d’azote durant tout le trajet pour l’hôpital puis au moment des soins; Crème anesthésiante pour poser la perfusion. Petits mots doux de l’infirmier et vidéo sur son téléphone pour distraire ma Petite. L’équipe de l’hôpital a été vraiment super! 

En arrivant à Paris, nous avons aussi été touchés par l’accueil chaleureux des équipes. À l’exception d’un interne d’orthopédie pas très délicat, nous avons été vraiment très bien accueillis ! 

Nous ressentions beaucoup de stress en arrivant à l’hôpital à Paris, ma petite commençant à fatiguer et à ressentir de plus en plus vivement la douleur. 

Elle a été soulagée ensuite par un puissant analgésique en attendant son opération sous anesthésie générale dont l’objectif initial était la pose d’une broche pour recoller son cubitus (j’adore ce nom d’os!) et ainsi replacer le radius (dont la tête avait été luxée). 
La puéricultrice avec qui je travaille à la PMI nous a aussi rejoint pour nous soutenir. Elle a incité Ma Petite à parler, c’était vraiment une distraction parfaite qui lui a permis de beaucoup moins sentir sa douleur en attendant l’opération. 
Ma Petite est partie au bloc avec sa tétine et son doudou du moment (elle en change tout le temps), déjà endormie par l’anti-douleur, nous l’avons embrassée tendrement. Nous avions le cœur lourd et une boule au ventre de la voir partir ainsi. 

J’ai beaucoup pensé à ma sœur, puisque nous étions dans « l’hôpital de Wael » comme me l’a joliment dit Ma Petite…

J’ai beaucoup pensé aussi à tous les parents qui vivent la maladie de leur enfant au quotidien. 

Nous avons attendu, attendu, attendu, tous les deux avec Lulu. 1h20 d’opération, une longue attente pour nos petits cœurs de parents mais moins longue que prévue initialement (on nous avait parlé de deux heures d’opération). 

Au final, nous apprendrons que la pose de broche n’a pas été nécessaire. La fracture du cubitus s’est très bien réduite à la manipulation de l’orthopédiste; et la tête de l’humérus est bien rentrée dans son emplacement donc luxation du coude effacée.

Ma petite est sortie le lendemain de l’hôpital. 

Depuis vendredi, nous essayons d’être vigilant car les os pourraient encore bouger avec risque de devoir poser une broche. 

Au programme pour la suite: une radio dans 7 jours pour contrôler puis une autre dans 15 jours.

Il nous reste à gérer maintenant les 45 prochaines journées plâtrées… Plâtre + été + grosse chaleur = bonne galère. Mais Ma petite va plutôt bien, même si elle est très douloureuse, et c’est bien la l’essentiel. 
Je mesure aussi à quel point nous avons formé une équipe de choc avec Lulu, mon mari (💗), lui préparant un petit sac avant l’arrivée des pompiers et moi tenant pendant ce temps le bras de Ma petite. Lui au volant de la voiture, moi serrant fort ma Petite contre mon cœur pour la soutenir durant le trajet pour Paris…

On a eu la peur de notre vie, l’anesthésie générale de notre enfant. Sentir la fragilité de sa vie tout à coup, c’est le genre de choses auxquelles je ne préfère jamais penser au quotidien…

Heureusement on surfe sur la vague de bonheur procurée par notre mariage idyllique. On se serre les coudes (ah ah) et on sourit à la vie en se disant que ce n’est qu’un bras cassé finalement ☀️

  

Le week-end prolongé

2 journées de weekend bien remplies: un anniversaire de 6 ans avec cinq petites invités énergiques, un dîner entre amis, un dimanche en famille et un dimanche soir qui s’éternise, les filles qui ne veulent pas se coucher.

Veille de début de semaine, il est 23h et je suis fatiguée. Je reprendrais bien un petit bout de weekend …

La nuit est chaotique, ma grande se réveille toutes les heures, on se relaye avec Lulu, on essaie d’apaiser ses douleurs et ses pleurs à grand coup de câlins et aussi de Doliprane.

Et puis vient le matin, le moment où elle me dit:

« je suis trop mal pour aller à l’école maman… »

« Je veux voir un docteur. »

« Allez on y va tout de suite maman? »

J’ai du mal à me dire que je ne vais pas aller travailler, du mal à me décider à faire faux-bond aux collègues. Toujours un peu de culpabilité, l’impression de ne pas assurer sur tous les fronts.

Et puis l’évidence de cette journée rien qu’à nous deux finalement. Cette journée qui vient s’ajouter au week-end, comme un cadeau.

La chouchouter, la bercer dans mes bras maintenant trop petits pour elle en lui murmurant à l’oreille « une chanson douce » d’Henri Salvador que nous adorons toutes les deux.

Elle s’endort après la visite chez le médecin dont le diagnostic semble la soulager autant que moi. Mettre des mots sur ses maux l’apaise.

Les minutes passent, elle dort profondément.  Je m’assois à côté d’elle, je la regarde respirer. Elle est bien.

Aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir volé du temps que je n’aurais pas dû avoir pour nous, pour moi.  (cela me fait penser à ce billet écrit il y a quelques semaines par Marjoliemaman « le temps volé »).

En bonus, j’ai pu aller chercher Ma petite à l’école avant le goûter. La surprendre dans sa classe, voir son regard s’éclairer en nous voyant arriver sa sœur et moi.

Entendre ma Grande dire à l’oreille de ma Petite « tu m’as beaucoup manqué aujourd’hui, je t’aime très fort » et ajouter « tu le dis pas à maman, c’est un secret » et entendre ma Petite lancer à la cantonade « elle a dit qu’elle m’aime et que je lui ai manqué!!! » avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Joli hasard après plusieurs semaines de pluie, le soleil décide de pointer le bout de son nez aujourd’hui. Il fait doux, nous allons au parc, nous goûtons toutes les 3. On est juste bien, tout simplement.

Les bonhommes de Ma Petite (janvier)

Être le deuxième d’une fratrie, ce n’est pas toujours facile. Quand j’étais petite, je pestais toujours contre mes parents, car j’avais « moins de photos de moi petite que ma grande soeur », « je n’avais pas d’album de ma naissance »; J’étais un peu frustrée (même si très heureuse) et je me suis toujours dit que j’essaierais de faire autant pour Ma Grande que pour Ma Petite… La réalité c’est qu’on ne fait jamais pareil pour ses deux enfants et surtout que l’on fait « comme on peut »!

Bref, tout cela pour dire, que j’avais comme projet de retracer l’année du bonhomme de Ma Petite mais que j’ai pris du retard (comme pour le film de sa naissance, qui est toujours en projet dans les cartons de Lulu!).

Pour Janvier, petit bonhomme réalisé ce matin, elle me le détaille avec plaisir et se réjouit de l’intérêt que je lui porte.

« Le bonhomme a un bébé dans le ventre, il a aussi un menton et une bouche, deux yeux et un nez et des cheveux aussi ».

Quand elle voit que je m’étonne de la petite masse avec une sorte de chiffre 6 dedans et les petits traits à côté, elle me dit « bah Maman, c’est frites et des nuggets » … Elle conclue en disant « c’est la Maman de Pistachou, elle aime bien le Mc Do » … j’avoue que je ne sais pas comment elle a imaginé ça, mais ça m’a bien fait rire!

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« Photographie ton ombre »

Il y a quelques semaines Lulu proposait à Ma Grande de participer au concours « photographie ton ombre » organisé par Paris Mômes en partenariat avec le Musée d’art moderne de Paris. Réservé aux 5-12 ans, ce concours propose aux enfants de photographier leur ombre avec des accessoires ou pas, un peu partout dans la ville selon l’envie et l’humeur de l’enfant.
l’occasion pour Notre Grande de prendre en main l’appareil photo de Papa Lulu et de faire une belle balade en famille aux Buttes Chaumont à la recherche de notre plus belle ombre!
Nous avons aimé expliquer aux filles ce qu’était une ombre, comment la rendre plus grande ou plus petite, jouer avec elle…
Voici notre sélection, qui ne gagnera sans doute pas le grand prix du jury (un voyage à New-York, rien que cela!), mais qui nous a permis de passer un chouette moment tous les 4!

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La photo de famille a été prise par Lulu, les autres par Notre Grande (avec ou sans retardateur), j’aime particulièrement celle du cache-cache derrière le lampadaire.

Notre jardin du vent

Nous sommes juste toutes les deux,
Emmitouflée dans nos gros manteaux d’hiver pour empêcher le vent froid de nous atteindre.
Le soleil comme une caresse me chauffe le visage,
Je ferme les yeux pour mieux m’imprégner de ce moment.
Je prends ses mains dans les miennes pour les réchauffer en soufflant doucement dessus.
Elle se détache pour s’éloigner,
Le trampoline du jardin des dunes et du vent est à elle.
Elle a ôté ses tennis pour mieux sentir le revêtement sous ses petits pieds fins.
Ses rebonds s’enchaînent,
Elle tombe,
Se relève,
Saute de nouveau.
Tout autour de nous des dizaines d’enfants.
J’entends ses petits cris de joie se détacher parmi les rires et les voix des autres enfants.
Son regard rieur lui fait plisser les yeux jusqu’à les fermer.
Elle me saute dans les bras.
Un instant suspendu
Notre instant suspendu
Juste entre elle et moi

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