Expérimenter le silence 

Aussi loin que je me souvienne j’ai toujours détesté marcher. Petite je me souviens des balades au bois du dimanche après midi, un souvenir familial joyeux car nous étions réunies, mais déjà, marcher me paraissait fatigant, je n’y voyais pas d’intérêt … ce dimanche qui en plus me rappelait que déjà le lendemain il fallait retourner à l’école (mon angoisse du dimanche soir, mais c’est une autre histoire)… l’été nous partions au bord de la mer (et c’était génial!) mais nous marchions peu, nous n’étions pas des randonneurs qui partent découvrir les montagnes ensoleillées de l’été. En devenant adulte, je me suis mise à marcher un peu plus, pour suivre mes amis dans leurs randonnées mais toujours avec difficulté, me sentant souvent fatiguée, trop lourde ou découragée. 
Depuis que je jeûne, depuis 2 ans maintenant, j’ai expérimenté et découvert le plaisir de marcher, et plus que ça j’ai découvert le plaisir de marcher en silence. 

Ce silence qui m’a longtemps fait si peur. Moi la bavarde, celle qui ne pouvait laisser un blanc s’installer dans une conversation sous peine de me sentir mal à l’aise… j’ai découvert le silence avec bonheur, et je le cultive.

Aujourd’hui je mesure à quel point le silence fait du bien, à quel point il laisse place au développement de ma pensée. Et quand je suis dans une position d’écoutante, ce silence laisse la place à celui que j’écoute pour construire son propos, pour suivre le fil de sa pensée sans être interrompu.

Chaque année en partant à l’Amandier, je redécouvre ce silence. Au départ, il me faisait peur, mais je l’ai peu à peu apprivoisé. Cette année encore plus que les années précédentes, je le savoure. 

Nous marchons chaque matin entre 3 et 5 heures selon notre énergie du jour. Paradoxalement, en marchant le ventre vide, je me sens libérée d’un poids et pleine d’énergie. Aujourd’hui, nous avons marché trois heures en silence, je fermais la marche comme pour mieux en profiter, sentir derrière moi la nature toute entière m’entourer. 

En silence, tous mes sens s’éveillent.

Mon odorat s’aiguise, je respire les odeurs de thym sauvage sur les hauts plateaux, de pommes de pain dans les sous-bois, des baies sur les arbres, l’humidité de la terre, encore mouillée par la nuit pluvieuse. 

Je sens sur mon visage et dans mon cou le souffle du vent, le soleil qui me chauffe les épaules, et sous mes pieds, les différentes sensations sur le sol, les passages de pierres, ceux plus moelleux, faits de fleurs ou d’herbes.

J’effleure les arbres, les lichens qui s’y sont déposés, le piquant de certaines fleurs, les chardons inhospitaliers, le millepertuis doux et parfumé.

J’entends, les oiseaux, les craquèlements des branchages au sol, les ailes des papillons qui se frôlent pour se séduire, les cigales puissantes sur leurs arbres, les bourdonnements des insectes dans les champs de lavandin. 

Et je vois, je regarde, j’observe, tout autour de moi, avec un regard plus affûté, plus sensible à toute la beauté de la nature. Les couleurs de la végétation me semblent plus intenses que d’habitude. 

Un chevreuil, surpris par notre silence, reste de longues minutes à nous observer avant de faire quelques bonds qui l’éloignent finalement de nous. 

Je suis en silence, la nature me nourrit, la présence du groupe aussi, qui me porte par sa belle énergie. Je me sens à la fois en présence avec moi-même dans une belle connexion et à la fois en lien avec le groupe. 

J’aime vivre cette expérience, déconnecter du monde connecté, en conscience, en présence avec moi même, je suis juste là dans l’instant présent à savourer la beauté de la nature, la beauté de la vie. 

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Ma semaine 

J’ai à peine refermé la porte de la maison que déjà elles me manquent. Je sens encore leur souffle dans mon cou au moment où elles m’enlacent pour me dire au revoir.À la fenêtre, elles me font de grands signes, veulent déjà que je revienne pour leur faire un dernier câlin avant ma semaine sans elles, ma semaine sans lui. Je sais qu’elles vont en profiter, je sais qu’elles seront bien chez leur Mamie Choco, mais toujours un peu mon cœur se serre quand je les quittes. J’ai caressé une dernière fois le visage doux et souriant de mon amoureux, je pense déjà au plaisir de nous retrouver tous les quatre dans six jours seulement. 

Ils me manquent déjà et pourtant je sens comme j’en ai besoin de cette semaine à moi et comme j’ai de la chance de pouvoir la vivre. Cette semaine sans bruit, sans entendre « mamaaaannnn », sans enfants à coucher, sans téléphone portable…

Cette semaine à l’Amandier, c’est un joli cadeau, une semaine où je ne vais penser qu’à prendre soin de moi, où je vais dormir à mon rythme, faire le vide, lire quand j’en ai envie, marcher dans la nature, ouvrir grand les yeux pour découvrir de magnifiques paysages, pratiquer le yoga, la méditation et surtout écouter mon corps, pour me sentir bien, m’enrichir de tout cela pour nourrir ma confiance en moi. 

Le Sud

Il y a quelques jours nous avons pris toutes les trois le TGV du soleil, direction le Sud.Nous avons redécouvert:

Ce soleil qui réchauffe tout

Les ratatouilles de papie

Les câlins doux et enveloppants de Mamie 

Les marchés qui sentent bon le miel, les figues, la tapenade et les olives 

Les filles qui créent de jolies amitiés en quelques minutes

Leurs éclats de rire

Leurs cheveux blonds qui deviennent presque blancs au soleil 

Leurs petits corps presque nus au bord de la piscine

Le temps pour moi de lire tranquillement pendant qu’elles jouent à leur rythme 

Découvrir Ma Petite nageant toute seule sous l’eau et Ma Grande peaufineant ses compétences de nageuse déjà aguerrie 

Le plaisir de les voir s’endormir le soir en quelques minutes épuisées par leur journée 

Les discussions à la tombée de la nuit sur la terrasse éclairée par la bougie à la citronnelle 

Le carnet de vacances offert par Mamie dans lequel Ma Grande prend soin de noter chaque jour une phrase.

5 jours plein de douceur 

Et déjà, sur le chemin du retour, dans le TGV qui nous ramène vers Paris, j’ai le cœur un peu lourd d’avoir quitté ma maman, leur Mamie, mais je savoure aussi le plaisir de me remémorer ces petits bonheurs

De les avoir vécus, ici et maintenant, dans le moment présent, pleinement.

Le goût sucré de ce début de vacances avec mes filles 

Et la joie de savoir que nous nous reverrons bientôt,

que ce n’est que le début de l’été aussi pour nous et qu’il promet d’autres bien jolis moments ☀️

5 ans de toi

Une demi décennie de toi dans nos vies 5 ans à me nourrir de tes câlins 

De tes enlaçages qui n’en finissent pas de durer 

De ta main qui serre la mienne le matin 

De tes jolis cheveux blonds qui volent au vent 

De tes doux yeux marrons comme un petit ourson

De ta petite voix qui me dit « je t’aime maman parce que tu es toute chaude » en glissant ta main contre ma peau. 

De ta fierté 

quand tu nous montres que tu sais reconnaître les lettres de l’alphabet, 

Quand tu noues seule tes premiers lacets 

Quand tu nages la tête sous l’eau comme une petite sirène 

Quand tu arrêtes la tétine de ton propre chef à un moment où nous ne nous y attendons pas

Ma petite,

Tu as cette empathie immense 

Cette capacité de tout remarquer chez l’autre

De plonger dans les émotions des autres quitte à en etre chavirée 

Cette année nous avons travaillé ensemble pour que les débordements soient moins nombreux 

Encore par moment ces émotions qui t’habitent, te dépassent, te débordent et t’inondent

Mais j’ai pu voir au fil des mois comme tu avais grandi, comme ta confiance en toi avait grandi aussi

Alors nous continuons de poser des briques, de t’accompagner sur ce chemin vers la confiance en toi, la sérénité et l’apaisement 

J’ai entendu et compris à quel point ta fragilité pouvait être une force

Comme tu pouvais construire et solidifier cette jolie personne que tu es

J’accueille le fait que toi et ta sœur puissiez être différentes

Je vous invite à en faire une richesse

Et quelle richesse de vous voir grandir toutes les deux …

Joyeux anniversaire Ma Petite, ma 5 ans, ma tourmentée, ma douce, mon joli sourire…

Ta Maman qui t’aime

De belles attentions 

Cette semaine nous dînions avec une amie, que nous n’avions pas revue depuis longtemps… elle avait préparé un délicieux dîner et pour le dessert, elle avait acheté des Mangoustan, précieux fruit en provenance du Vietnam. Nous les avions découverts et adorés, il y a 10 ans lors de notre voyage en Asie à la découverte de ce magnifique pays qu’est le Vietnam. Je me suis rappelée la douceur de ce voyage, les belles rencontres, les paysages naturels magnifiques. Notre amie s’est souvenue que nous avions adoré ce fruit à grosse coque qui cache un fruit délicat. Pour d’autres cette attention aurait pu paraître anodine. Pour moi, elle a eu beaucoup d’importance, j’ai été émue et touchée. Un plaisir tout simple mais le fait que notre amie se soit souvenue que nous avions eu un coup de cœur pour ce fruit, cela m’a fait énormément plaisir. Quel bonheur de s’être sentie écoutée! Et quel joie que notre amie l’ai marqué par ce simple geste. Prendre soin des autres; Etre attentif aux personnes qui nous entourent contribue à leur donner de la valeur, à les faire exister, à les rendre heureux. Et dans ce prolongement, de nouveau de jolies attentions m’attendaient durant mon weekend mensuel de formation de doula. Ma doulamie, Florianne, a pris le temps de confectionner pour chaque doula du groupe un Baume fait-maison (dont la recette est restée secrète). Un joli baume pour prendre soin de ma peau, et une attention pleine d’amour qui nous a fait du bien à toutes. Une autre m’a offert un massage, à la fois énergisant et bienveillant, plein de douceur. Se sentir aimée, se sentir vivante 💗



La belle vie 

Dix-sept adultes

Zéro enfant

Un pique-nique géant 
Deux Dipothon

Du Neufchâtel 

Des Éclairs de génie 

Des salicornes

Des Polaroïds par dizaines 

Des glaces dans des cornets 

Street fighter sur sega mega drive 

Des brochettes de champignons

Un möllky sur la falaise

Plusieurs roues et quelques rondades

Des chorégraphies endiablées 

Des cocktails

Un peu de dirty dancing 

Un slow d’un des deux Promis rien que pour moi

Une maison gigantesque 

Un petit bois vert rien qu’à nous 

Du sable 

Du vent

Des phoques

Des moules / frites pas prévues

Des retrouvailles

Des découvertes 

Des rires que l’on connaît 

Des sourires que l’on découvre 

Des belles discussions 

L’énergie de la vie 

D’être ensemble 

Saisir le plaisir de l’instant présent 

Ce weekend nous avions tour à tour, 10 ans, 20 ans ou 30 ans, mais nous étions si bien, ici et maintenant, pour célébrer la bachelor party du plus beau couple à marier de 2017.






Doula, accueillir la vie

Accueillir la vie 7 ans jour pour jour après avoir donné naissance à Ma Grande fille.Comme un cadeau, Un beau cadeau de la vie.

Je sentais que le bébé arriverait durant le weekend.

Un appel à 15:30, des contractions, très gérables en intensité mais très rapprochées, de plus en plus. La maman me parle, mais s’arrête pendant les contractions, le papa reprend l’appel, je lui conseille d’appeler leur sage-femme pour avoir de nouveau son avis. Il me semble qu’il est temps de partir à la maternité, mais c’est la sage-femme qui donne le feu vert. 

Quelques minutes plus tard le papa me rappelle, départ imminent pour la maternité. De mon côté, je laisse ma famille pique-niquer pour l’anniversaire de Ma Grande. Tout le monde semble excité pour moi, la joie est là, Lulu et les filles m’embrassent et sont impatients déjà d’avoir des nouvelles du bébé. 

Moi je suis excitée et j’ai un peu la trouille aussi, le ventre noué. Je rentre préparer mon sac, portable, chargeur, de l’eau, des compotes et des vêtements de rechange…

Je me pose quelques instants, je respire, je souris, ca y’est j’ai fait le plein d’énergie, je suis prête.

Dans le taxi qui me mène à la clinique, le chauffeur me parle de ses enfants, du désir de grossesse qu’ils ont avec sa nouvelle femme…

Je l’écoute, mais j’ai la sensation d’être déjà ailleurs, je suis avec les futurs parents, nous continuons d’échanger par SMS, ils sont eux aussi dans un taxi. J’arrive à la clinique le chauffeur me demande ma carte de visite…

Je suis là quelques minutes avant les parents. Dès leur arrivée nous montons en salle de naissance, accueil chaleureux de la sage-femme qui connaît bien les parents car ils ont choisi un « suivi global » (ils ont rencontré leur sage-femme durant la grossesse et c’est elle qui est présente durant toute la durée de l’accouchement puis en suivi après la naissance). Je trouve ma place facilement à ses côtés, même si je me sens un peu intimidée je crois. je veux être à la fois discrète et présente, trouver le bon dosage, j’ai envie d’être là pour les parents, leur bébé et aussi que la sage-femme sente le respect profond que j’ai pour elle, pour sa profession et aussi qu’elle sente qu’elle peut compter sur moi si besoin. 

Voilà, nous y sommes, bébé sera bientôt là.

Je suis sereine, heureuse, j’installe le tapis au sol, je suis là, je masse, je prends dans mes bras, cale un coussin sous les genoux quand la maman en a besoin, j’écoute, je reste discrète, je respire, je bidouille mon téléphone pour trouver son morceau de musique préféré sur internet, nous échangeons des regards avec le papa, je rassure quand cela me semble opportun, je donne de l’eau quand la maman en a besoin, mais ce que je fais le plus souvent, semble être presque rien, juste être là, dans l’intimité qui se crée, sans un mot, dans un souffle, je m’efface aux côtés de la maman, je me dis qu’elle est belle, qu’elle est forte, je suis émue, je suis avec elle, avec le papa, le papa qui lui donne de la force en lui permettant de s’appuyer dans ses mains quand elle le souhaite, je suis là mais discrète pendant que la maman avance au rythme de son bébé, de ses contractions, que la sage-femme la guide avec tant de justesse jusqu’à la naissance de son, de leur bébé. Les minutes passent, la maman s’assoit, je l’entoure de mes bras, je me sens douce et chaleureuse pour l’accompagner dans ce moment si fort … Le bébé naît en quelques instants emplis de force de vie. Quelle puissance, quelle douceur et quel amour à la fois. 

Je suis impressionnée par cette naissance, l’alchimie parfaite entre toutes les personnes présentes, chacune amenant un peu d’elle, de manière instinctive et si juste, au service de la maman et de son bébé.

Impressionnée par l’engagement physique totale de la maman, sentir l’instant du basculement où elle a tout lâché pour vivre pleinement dans son corps ce moment. 

Impressionnée par le calme, la présence du papa, une présence engagée et toute en retenue à la fois, sa capacité à exprimer ses besoins aussi (besoin d’être informé, besoin parfois de sortir juste une minute) par sa confiance aussi dans la capacité de sa femme à mettre au monde leur bébé.

Impressionnée par la sage-femme, sa présence discrète mais forte à la fois, sa manière de décrypter le moindre geste de la maman. la douceur de ses paroles et de ses gestes, sa patience, son savoir et son observation précise de l’accouchement qui lui permettent de guider avec justesse la future maman. 

Impressionnée par ce petit bébé que j’ai vu naître dans la douceur, sans violence, sans aucune intervention, s’éveiller au fil des minutes pour chercher doucement le sein de sa mère et ouvrir ses yeux paisiblement, à son rythme. 

Voilà,Je suis impressionnée et émerveillée par la magie de la vie …

Le mot qui me vient comme une évidence est CONFIANCE. À aucun moment nous n’avons douté que la maman puisse mettre au monde son bébé, chacun à sa place pour accueillir la vie.


Article publié après lecture et accord de la famille


Un petit dessin de Ma Petite pour une amie enceinte…