Être mère 

Facebook me rappelle aujourd’hui une photo des filles: ma Grande avait deux ans et quelques, ma Petite fêtait ses 1 mois tout juste. La photo d’elles deux est craquante, ma Petite dans son landau, ma Grande à côté d’elle, lui donnant son petit doigt à téter comme on donnerait une sucette. Je les trouve adorables, elles sont belles, je reconnais le visage rayonnant de ma Grande, le petit regard de chouette hulotte de ma Petite… cette photo dit l’amour qu’il y a entre elles deux depuis les premiers jours je crois, elle me parle de la joie de la fratrie, elle raconte mon bonheur d’être mère de deux petites filles, elle me parle du temps qui passe aussi, quand je les vois aujourd’hui si « grandes filles » déjà. Mais elle ne dit pas au premier regard la fatigue liée à la maternité…Et pourtant c’était déjà dans cela que j’étais je crois, un mélange d’épuisement et de dépression post-partum sans doute. J’étais entourée mais je me sentais si seule et vulnérable à cette période, prise dans le tourbillon de ma vie de mère, donner, allaiter, changer, baigner, endormir, nourrir, faire des choix pour bien les guider dans leur vie, prendre soin de ces deux petites filles en devenir, oublier mon couple, m’oublier moi souvent. Exister en tant que mère tout le temps mais ne plus savoir qui je suis en tant que Leslie. Sentir encore que j’avais tant de choses à régler pour me sentir heureuse pleinement…

Nous avons la chance d’élever nos filles à deux, dans le partage, le respect, l’écoute avec mon Lulu. Mais même en étant deux, je me souviens comme j’étais seule à cette période. J’ai mis plusieurs années à dire ces mois difficiles, à en parler ouvertement, partager les difficultés de mon quotidien de mère de deux enfants. La sensation souvent de mal faire, de faire différemment, de ne pas faire comme il faut, d’être moins bien que les autres, moins bien que les familles parfaites d’instagram sans doute et des magazines. Je n’osais pas dire tout cela. Je n’en parlais à personne. 

Six années se sont écoulées entre cet été 2012 et notre bel été 2018 qui s’achève dans quelques jours.

Je regarde mes filles épanouies, heureuses, indépendantes. Je vois leur petits défauts qui sont à elles, qui ne m’appartiennent pas, je vois aussi mes « failles » d’éducation, mes ras-le-bol et je les accepte (la plupart du temps!)… mes filles ne sont pas parfaites, moi non plus, c’est la vie, elles sont qui elles sont, elles sont elles, avec beaucoup de ce que nous leur donnons comme valeurs pour les accompagner dans leurs vies. Il y a ces choses sur lesquelles on pourrait mieux faire comme les gros mots, l’autorité en général (je suis plutôt dans la team « maman cool » ) mais globalement, elles vont bien, elles poussent comme des beaux petits champignons et les voir tout l’été gambader dans les jardins, lire longuement dans le canapé pour ma Grande, se faire des nouvelles copines, pratiquer l’équitation comme des pros, danser à la fête du village, retrouver sa presque jumelle pour ma Petite avec bonheur, faire leur première grosse randonnée de 2h30 sans (trop) broncher… je me dis qu’avec leur papa on a réussi pas mal de choses et ça fait du bien de s’autoriser à se le dire de temps en temps, ne pas tout le temps voir le négatif mais regarder ses six dernières années de mère, de père, de deux enfants rapprochés et se dire qu’on s’en est sortis et qu’on s’en est très bien sortis en fait! Ces années de toute petite enfance me semblent loin et proches à la fois. Nous avons tourné cette page pour en écrire des nouvelles, intenses et belles aussi. Je pense aux jeunes parents autour de moi et j’ai envie de leur dire « soyez indulgents avec vous-même ». Je pense aux mots de mon amie Marjo qui a écrit sur son blog Happynaiss (à lire ici) si justement sa détresse de mère, parfois débordée par ses émotions, de deux petites filles de 1 an et 3 ans… 

Il y aura toujours des gens pour juger, mais nous sommes souvent les premières en tant que mère à nous juger! Nous sommes parfois si dures avec nous mêmes, je prends conscience de ma solitude de jeune mère aussi, je n’ai pas osé demander de l’aide quand j’en avais besoin. Demander de l’aide à ma famille, mes amis, une Doula pourquoi pas, pour être juste entendue, écoutée et c’est déjà tellement … je n’ai pas su faire à l’époque mais je mesure aujourd’hui l’importance d’être bien entourée quand on devient mère… Aujourd’hui je suis heureuse d’essayer d’offrir cela aux familles que j’accompagne ❤️

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