« Changer l’eau des fleurs »

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• Changer l’eau des fleurs • un roman de Valérie Perrin

Mon premier roman de l’été; Il m’a tenue en haleine toute la semaine. Chaque soir je me suis dit « allez, j’arrête j’en garde un peu pour demain »; J’ai lu tous les soirs jusqu’à une heure du matin… j’ai tenu cinq jours.

J’ai de nouveau tout aimé dans ce roman, sentir l’humanité dans chacun des personnages même les plus sombres, les failles, les lignes de vie, les hasards, les mauvaises routes, les bonnes, les belles rencontres, les forces et les faiblesses. Je me suis laissée embarquer et à chaque fois surprendre par ce livre. 

Je me suis rappelée en le lisant le bonheur de lire que j’avais quand j’étais enfant: lire, se plonger dans un livre, oublier tout le reste, dévorer chaque page, être complètement dedans, imaginer les détails des visages de chaque personnage, leurs vêtements, les décors, sentir les émotions…

Peut être parce que je suis Doula et que j’accompagne la naissance, j’ai particulièrement aimé et été émue par ce récit de naissance, page 115, j’en partage quelques lignes (j’espère que ça n’incommodera pas l’auteur):

« Des vagues d’amour et de terreur m’ont submergée. Une vie qui allait peser bien plus lourd que la mienne et dont j’étais responsable. J’ai eu du mal à respirer. Je peux dire que Léo m’a coupé le souffle. Je me suis mise à trembler de la tête aux pieds l’émotion et l’effroi m’ont fait claquer des dents.

Elle avait l’air d’une petite vieille. L’espace de quelques secondes, j’ai senti qu’elle était l’ancêtre et moi l’enfant.

Sa peau sur la mienne, sa bouche qui a cherché mon sein. Sa petite tête dans le creux de ma main. Sa fontanelle, ses cheveux noirs, du crachat vert sur la peau, une bouche en cœur. Le mot « séisme » n’est pas trop fort.

Quand Léonine est apparue, ma jeunesse s’est fracassée aussi violemment qu’un vase en porcelaine sur du carrelage. C’est elle qui a enterré ma vie de jeune fille. En quelques minutes, je suis passée du rire aux larmes, du beau temps à la pluie. Comme un ciel de mars, j’étais les éclaircies et les giboulées en même temps. J’avais tout les sens en éveil, aiguisés comme ceux d’une aveugle. (…) Quand ses grands yeux m’ont fixée, j’ai pensé qu’elle ressemblait au ciel, à l’univers, à un monstre. Je l’ai trouvé laide et belle. Furieuse et douce. Fusionnelle et étrangère. Une merveille et du venin dans la même personne. Je lui ai parlé comme si nous poursuivions une conversation débutée il y a très longtemps.

Je lui ai souhaité la bienvenue. Je l’ai caressée. Je l’ai mangée des yeux, je l’ai respirée , je l’ai recrachée. J’ai inspecté chaque centimètre de sa peau, je l’ai léchée du regard. »

Un roman à découvrir absolument ❤️

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