Charlie et nous

Depuis ce mercredi, je sens dans mon ventre la peur monter;
Peur pour mes filles de vivre dans une société où des jeunes sont si perdus, si fragiles, qu’ils peuvent aller jusqu’à tuer des journalistes, des policiers, des civils, des innocents.
Vivre dans la peur, je trouve ça vraiment terrible, c’est l’inverse de la confiance, de l’optimisme, de ce que j’ai envie d’être et ce que j’ai envie de montrer à nos filles.
C’est le contraire de la liberté finalement.
Quand Lulu m’a dit « nous allons au rassemblement dimanche », j’ai eu peur pendant quelques secondes, je me suis demandée si c’était une bonne idée d’y emmener les filles.
Et puis, malgré la peur, j’ai eu confiance en lui, en nous, et un peu en la France aussi alors nous avons décidé d’y aller.
Nous en avons parlé avec les filles, pour qu’elles sachent pourquoi nous allions marcher.
Je crois qu’elles n’ont pas vraiment compris de quoi nous leur parlions mais elles ont compris que c’était important pour nous.
Nous avons attendu que Ma Petite se réveille de sa sieste, et nous avons pris le métro. Nous avons laissé passer une première rame bondée, et puis nous sommes montés dans la seconde. L’ambiance était particulière, pour une fois j’avais la sensation que les voyageurs se regardaient, se souriant, se demandant si eux aussi ils « y » allaient. Une dame à proposer aux filles de s’asseoir près d’elle; Avec une autre nous avons parlé banderoles parce que Ma Grande voulait savoir ce qui était inscrit sur la sienne. Il y’avait des dames voilées, des couples de retraités, des femmes seules, quelques familles, des groupes de jeunes… Nous sommes tous descendus au même endroit pour rejoindre le cortège. Un cortège qui avait peine à se mettre en route tant nous étions nombreux. Une dame a tendu des autocollants « Je suis Charlie » à Ma Grande, qui était plus que ravie: « oh l’autocollant noir et blanc, comme celui de mon maître à l’école, il l’a aussi sur son pull »…
Nous avons marché dans le calme, en papotant, en observant la foule, en écoutant certains chanter la Marseillaise réécrite pour l’occasion. Des fourgons de police sont passés plusieurs fois au milieu du cortège, encadrés par des policiers à pied. La foule les applaudissait, dans le calme toujours, certains policiers avaient le sourire, d’autres les yeux un peu rougis… Nous pouvions sentir l’émotion monter; C’était vraiment très fort. J’étais plus que fière d’être là, de partager ce moment avec celui que j’aime et avec nos filles.
Aujourd’hui, les notions si chères à notre beau pays prenaient tout leur sens: Liberté, Égalité et Fraternité.
Nous étions tous unis fraternellement, tous égaux malgré nos différences pour soutenir la Liberté.
Ce soir en écrivant ces mots je suis émue d’avoir vécu cette journée mais une question me trotte dans la tête: Et après? Qu’y aura-t-il après ce 11 janvier 2015?

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