Rester, partir, rester, partir… (Épisode 2)

Il y a quelques mois je commençais à aborder ici mon envie de vivre de nouvelles aventures professionnelles… Le point de départ de ce changement professionnel a été pour moi le fait d’effectuer un bilan de compétences. Voici comment les choses se sont passées.

1ère étape:  l’idée était d’en parler à mes employeurs pour avoir leur aval et ainsi pouvoir bénéficier d’une aide de leur part pour le financement. En effet, après renseignement le coût d’un bilan (un peu plus de 2000€) ne pouvait pas être pris en charge intégralement par mon DIF (droit individuel à la formation). Donc soit, je  leur en parlais pour solliciter leur aide, soit je finançais moi même le bilan, et ça je ne pouvais pas me le permettre. Réunion fut donc prise rapidement avec les associés de l’agence, je leur ai fait part de mes questionnements en restant toutefois vague sur mes éventuels projets de reconversion car je n’étais à l’epoque vraiment sûre de rien, mais en leur exprimant mon besoin de faire le point sur moi et sur mon travail. Ils ont globalement soutenu mon projet, même si certains étaient sceptiques quant à l’efficacité d’effectuer un bilan, et nous avons convenu de faire un bilan à l’issu du bilan (!) pour voir alors ce que cela m’aurait apporté.
Me voilà donc en route vers la 2e étape:  trouver un centre de bilan de compétences qui me convienne, ou plutôt rencontrer un conseiller qui me convienne, un bon feeling, une bonne méthode, les bases pour construire et être soutenue dans un projet de réflexion! Et là autant dire qu’en cherchant sur le net, on peut être complètement perdu car Il existe des centaines de centres agrées sur Paris. Alors comment choisir ? J’ai mis un peu d’ordre en cherchant des centres homologués par mon organisme de financement du DIF et également géographiquement facilement accessibles (proche de l’agence où je travaillais, ou proche de chez moi).
J’ai finalement pris contact avec 3 sociétés qui gèrent des bilans de compétences. Pour moi, le critère de sélection le plus important était vraiment le critère humain, sentir que la personne était en phase avec moi, mes questionnements et tacherait de me guider dans ma réflexion.
Après ces 3 rencontres, j’ai eu un réel coup de cœur pour Virginie, une consultante en bilan, qui bizarrement est la seule à ne pas m’avoir « caressée dans le sens du poil » quand je lui ai parlé de mes projets! Elle m’a mise face à mes contradictions et à tout de suite mis notre discussion sur un angle psychologique mais aussi pratique, « êtes vous certaine de vouloir quitter un travail bien payé pour un autre qui le sera moins? », « quel place à le travail dans votre vie? »… Toutes ces questions personnelles m’ont beaucoup déstabilisée et étrangement c’est le fait d’avoir été chamboulée, bousculée qui m’a donné envie de choisir cette experte en bilan de compétences plutôt qu’une autre, de sentir que le boulot allait devoir venir de moi et pas d’elle. C’était un gros challenge finalement!
Puis vint la 3ème étape: le déroulement du bilan
Le bilan s’est étalé sur presque 3 mois, avec une dizaine de rendez-vous au total avec la conseillère et surtout une masse de réflexions et de travail personnel menés de mon côté sur mon temps libre, en dehors de mes heures de boulot et de mes heures de maman…
Le premier RDV à été l’occasion de présenter « mon histoire », Virginie m’avait demandé de préparer chez moi un genre d’historique sur ma vie personnelle et professionnelle. Une réflexion chouette, regarder en arrière et voir ce à travers quoi nous sommes passés, les choix réalisés, les routes empruntées et celles que nous n’avons pas prises mais que nous aurions pu prendre…
C’était le point de départ d’une réflexion plus concrète et plus ancrée dans le présent: où en suis-je maintenant? Vers quoi ais-je envie d’aller?
S’en sont suivis différents exercices comme celui de demander à des proches, des amis et aussi des collègues et même mes employeurs de partager leur vision de moi, dans la vie de tous les jours et au travail. Une expérience très étrange, car on ne s’arrête pas souvent pour demander aux gens qui nous entourent ce qu’ils pensent de nous. Ce travail aussi a été important pour comprendre mes points forts dans mon cadre professionnel et dans ma vie personnelle et également les points sur lesquels je devais travailler…
Nous avons aussi réalisé plusieurs tests psychologiques et de nombreuses recherches sur les différents métiers qui suscitaient de l’intérêt en moi; en vrac institutrice, psychologue, sage-femme, consultante en lactation, éducatrices de jeunes enfants  et auxiliaire de puériculture.
Une chose était sûre, je n’avais pas de réelles envie d’évoluer au sein de l’agence, pas non plus l’envie de la quitter pour prendre un nouveau poste ailleurs dans le domaine de l’audiovisuel. En fait j’avais une réelle envie, peut-être une envie née de la maternité nouvelle, de travailler auprès d’enfants et de me rapprocher de l’humain, quitter complètement le domaine d’activités dans lequel j’évoluais depuis de nombreuses années.
J’avais peur que cette envie soit uniquement  liée à ma nouvelle vie de mère puisque Ma Grande avait un peu plus d’un an et j’étais enceinte de quelques mois de Ma Petite, mais en creusant dans le passé et en passant de longs moments à échanger avec Virginie, nous avons vraiment mis au jour le fait que j’avais toujours finalement eu envie de travailler dans un domaine lié à la petite enfance. Même dans le domaine de l’audiovisuel, la plupart des gros projets sur lesquels j’avais travaillés étaient des projets ludo-éducatifs.
Les choses ont fini par prendre sens, comme si en fouillant dans le passé, en creusant en moi, et en allant sur le terrain pour rencontrer de nombreux professionnels de la petite enfance (des dizaines de rencontres autour d’un café ou le soir au téléphone une fois que Ma Grande était couchée!), je finissais pas valider des pistes, par mettre bout à bout toutes les pièces du puzzle et à les faire s’emboîter de manière évidente: Je voulais devenir auxiliaire de puériculture.
C’est une drôle de sensation en fait, comme si tout ce travail de réflexion m’avait permis de comprendre vers où j’avais envie d’aller. Plusieurs projets que j’avais en tête se sont révélés: le premier est l’envie de soutenir les parents dans leur parentalité nouvelle , soutenir les mères dans leur rôle de mère, avec un intérêt particulier pour le soutien des mères allaitantes, le deuxième projet est l’envie de travailler auprès de jeunes enfants, parce que la période de 0 à 6 ans me semble une période charnière dans la construction de ce que chacun sera plus tard … et j’ai aussi un projet un peu plus fou, que je garde dans un coin de ma tête pour dans quelques années, celui d’ouvrir une structure d’accueil du type micro-crèche.
Ce métier ne s’est pas imposée en quelques minutes, car pour moi quitter mon travail pour devenir auxiliaire de puériculture implique une certaine forme de renoncement en terme de statut et de salaire notamment… mais j’ai la sensation d’être dans la bonne voie,  de quitter un « travail » pour rencontrer un « métier », d’avoir pris la bonne décision en partant vers cette nouvelle aventure professionnelle. Avec Virginie, ma conseillère de bilan, nous nous sommes quittées au début de l’année 2012 après la rédaction d’un bilan complet, mettant en avant les actions à entreprendre et un calendrier complet pour que les choses se concrétisent dans la réalisation de mon projet…
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6 réflexions sur “Rester, partir, rester, partir… (Épisode 2)

  1. Bonjour, j’ai une petite question concernant le diplôme d’auxiliaire de puéricultrice. Je viens de valider ma formation cap Petite enfance (www.educatel.fr/domaine/10-education-et-social/formations/15-cap-petite-enfance), suis-je avantagé ou dois-je suivre la même formation et passer les même épreuves?
    Merci. Lili

    • Bonjour Lili, bravo pour votre CAP! Alors pour entrer en école d’auxiliaire de puériculture (attention pas auxiliaire de puéricultrice!), vous devez passer le concours: a priori avec un CAP (diplome de niveau V dans le domaine sanitaire et social) vous êtes dispensée de la partie « culture générale » mais vous devrez quand même passer la partie « tests psychotechniques »… Ensuite si vous êtes admise, vous passerez l’oral!
      Ensuite pendant la formation je ne crois pas que vous soyez dispensée de cours en ayant le CAP… Mais c’est à vérifier, je ne suis pas experte 😉 bonne route à vous!

  2. Bonjour et merci, je me reconnais beaucoup dans ton témoignage car après avoir passé 10 ans dans une société d’électronique, j’ai décidé de prendre un congé sabbatique pour réfléchir sur ma vie professionnelle, j’avais vraiment besoin de faire une pause pour me remettre en question. L’idée de travailler avec les enfants me trotte dans la tête depuis quelques temps et en me renseignant sur le métier d’auxiliaire de puériculture j’ai eu une révélation. J’ai donc décidé de m’inscrire au concours pour l’année 2015 mais j’hésite à préparer en même temps le CAP petite enfance par correspondance pour commencer à me plonger dans le vif du sujet.
    Julia

    • Bonjour Julia, merci beaucoup pour ton commentaire! Après sondage auprès de mes collègues de promo, il leur semble que passer le CAP avant de faire la formation d’AP n’est pas très utile, les filles me disent qu’il vaut mieux tout de suite entrer en école d’AP plutôt que de faire le CAP avant car la formation d’AP est plus complète! Après si cette année tu veux préparer le concours d’AP tu peux le faire en lisant des bouquins spécialisés ou en faisant une préparation au concours (payante mais qui peut être financée par différents organismes!)!
      Bravo a toi pour ton projet 🍀 et n’hésite pas surtout si tu as besoin de prévisions 😉

  3. Bonjour,

    Pour commencer, chapeau bas pour cette reconversion professionnelle, qui semble avoir été menée de belle manière, ainsi que pour ce joli blog ;-).
    Je me reconnais beaucoup dans votre parcours: titulaire d’un bac +5, apres 8 ans passés en tant que chargée de mission dans le secteur associatif, un changement de poste récent il y a quelques mois ne fait que renforcer cette envie d’autre chose (plus de bureau, de l’humain !) et cette idée qui me trotte dans la tête depuis un moment déjà, au grès du temps passé à la crèche de mon petit schtroumpf de 2 ans: pourquoi pas la petite enfance? (au bout du bout, l’aventure de la micro-crèche me titille aussi…)

    Je viens d’apprendre que je suis à nouveau enceinte. Une belle nouvelle. Je pense prendre un congé parental d’une année pour profiter de mes enfants, assurer une rentrée en maternelle en douceur à mon grand, prendre le temps de m’occuper de notre petite tribu et préparer mon changement de plan de vol.
    La lecture de votre blog est venue enrichir les débuts de réponses glanées ça et là sur le web quant au million de questions que je me pose, merci ! Concernant celles qu’il me reste en stock, je vais me contenir ;-), mais travaillant sur Paris et habitant en 1ere couronne, j’aurais voulu savoir si vous partageriez les coordonnées de l’organisme de bilan de compétence auquel vous avez fait appel et de la conseillère à qui vous avez eu affaire ? Et le nom de l’école dans laquelle vous avez finalement fait votre formation.
    Une derniere pour la route: aviez-vous repris votre poste après la naissance de votre 2d bout de chou ?

    Merci !

    • Merci Claire pour votre message! Je n’ai pas pris le temps de vous répondre avant, je suis en stage en pédiatrie depuis une semaine = c’est sport! Félicitations pour votre grossesse, voilà une jolie nouvelle de rentrée pour vous 😉 Je partagerai avec plaisir avec vous mon lieu de formation et le nom de ma conseillère, mais je le ferai par e-mail privé bien sûr! 😉 En ce qui concerne la reprise après la naissance de Ma Petite, je n’ai en fait pas repris mon poste, j’ai pris un congé parental de quelques mois, ce qui m’a permis de réfléchir à tout cela … J’ai rompu mon congé parental en décidant de demander à mon employeur une rupture conventionnelle de mon CDI pour débuter ma formation ensuite!

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